{"id":987,"date":"2023-01-29T18:47:34","date_gmt":"2023-01-29T17:47:34","guid":{"rendered":"http:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/?p=987"},"modified":"2023-01-29T18:47:34","modified_gmt":"2023-01-29T17:47:34","slug":"les-boucanieres-dedith-wharton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/2023\/01\/29\/les-boucanieres-dedith-wharton\/","title":{"rendered":"Les Boucani\u00e8res d&#8217;Edith Wharton"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9sum\u00e9 \u00e9diteur :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8221; Elles incarnaient &#8220;la jeune fille am\u00e9ricaine&#8221;, ce que le monde avait r\u00e9ussi de plus parfait &#8221; : pour Mrs St. George, ces cinq jeunes filles fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9es \u00e0 Londres sont un ravissement\u2026 Mais pour le petit monde \u00e9troit de l&#8217;aristocratie anglaise, leur pedigree laisse \u00e0 d\u00e9sirer, et leurs ambitions paraissent bien vulgaires &#8211; et puis quelle id\u00e9e de fumer et de s&#8217;exhiber ainsi sans vergogne ? Les &#8221; boucani\u00e8res &#8221; n&#8217;en ont cure : \u00e0 elles la belle vie, les bons plaisirs et les beaux partis !<\/p>\n\n\n\n<p>Critique :<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&#8217;abord je remercie Mosaik qui m&#8217;a offert ce roman dans le cadre d&#8217;un swap autour des classiques de la litt\u00e9rature. J&#8217;avais d\u00e9j\u00e0 lu &#8221;Chez les Heureux du monde&#8221; de cette auteure et j&#8217;ai d\u00e9sir\u00e9 en d\u00e9couvrir davantage. Dans ce premier roman, j&#8217;avais aim\u00e9 le portrait d&#8217;une femme cherchant \u00e0 survivre dans un milieu retors. C&#8217;\u00e9tait une lecture fascinante mais aussi empreinte d&#8217;un certain sens tragique. Bref je m&#8217;attendais \u00e0 un autre portrait de femmes se battant contre les pr\u00e9jug\u00e9s de leur \u00e9poque et y laissant des plumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman d\u00e9bute par l&#8217;introduction de ses 5 h\u00e9ro\u00efnes : Conchita, jeune fille sensuelle mais qui porte le stigma social d&#8217;\u00eatre fille de divorc\u00e9e, Lizzy et Mabel, deux s\u0153urs d&#8217;une bonne famille new yorkaise ainsi que Virginia\/Jinny et Annabel \/ Nan Saint-Georges. Les cinq jeunes filles sont li\u00e9es d&#8217;une amiti\u00e9 qui n&#8217;est pas d\u00e9nu\u00e9e d&#8217;une certaine rivalit\u00e9, notamment aupr\u00e8s des hommes. Quand on les d\u00e9couvre au d\u00e9but du roman, les a\u00een\u00e9es ont 18 ans et sont frustr\u00e9es : bien que charmantes, elles sont boud\u00e9es par la bonne soci\u00e9t\u00e9 qu&#8217;elles r\u00eavent d&#8217;int\u00e9grer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit suit surtout Nan, la plus jeune des soeurs Saint Georges. Un peu \u00e9clips\u00e9e par la beaut\u00e9 de ses a\u00een\u00e9es, elle est aussi moins attir\u00e9e par les amusements de celle-ci et se montre d&#8217;une sensibilit\u00e9 beaucoup plus d\u00e9velopp\u00e9e. Elle sera guid\u00e9e par sa gouvernante, une jeune femme anglaise qui s&#8217;est export\u00e9e en Am\u00e9rique afin de pouvoir aider sa famille.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tudiant en parall\u00e8le les \u0153uvres d&#8217;Henry James et sachant que les deux \u00e9taient proches, je remarque des similitudes dans leur traitement de jeunes am\u00e9ricaines confront\u00e9es \u00e0 la bonne soci\u00e9t\u00e9 anglaise, fin XIXe &#8211; d\u00e9but XXe si\u00e8cles. Dans les deux, on retrouve ces am\u00e9ricaines insouciantes, qui aiment s&#8217;amuser et s\u00e9duire mais qui, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, je pense ici \u00e0 Nan, ne savent pas appr\u00e9cier l&#8217;art et la nature europ\u00e9ens. Seule Nan s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 la po\u00e9sie que sa gouvernante lui conseille, ainsi qu&#8217;\u00e0 l&#8217;architecture et la peinture. En face de ces jeunes filles apparemment insouciantes mais qui savent intriguer pour parvenir \u00e0 leurs fins, se dresse le vieux monde et ses aristocrates anglaises, \u00e0 l&#8217;esprit born\u00e9, coinc\u00e9s dans leurs traditions. Cela donne un tableau o\u00f9 personne, toujours \u00e0 part quelques exceptions, n&#8217;en sort vraiment grandi, ni les Am\u00e9ricaines, ni les Anglais qui les re\u00e7oivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Globalement j&#8217;ai appr\u00e9ci\u00e9 le roman mais j&#8217;ai trouv\u00e9 qu&#8217;il y avait des longueurs parfois et que je ne voyais pas forc\u00e9ment o\u00f9 l&#8217;auteure voulait en venir. Elle pr\u00e9sente de nombreux personnages et certains rebondissements sont assez pr\u00e9visibles. Ce qui m&#8217;a cependant surprise, c&#8217;est la fin du roman. Sans rentrer dans les d\u00e9tails, je m&#8217;attendais \u00e0 quelque chose d&#8217;assez sombre. Apr\u00e8s tout le portrait de ces deux soci\u00e9t\u00e9s, ces deux cultures qui se confrontent, a de quoi inqui\u00e9ter et j&#8217;ai trouv\u00e9 la fin particuli\u00e8rement plus optimiste que mes attentes. Il faut dire que les fins des textes que j&#8217;ai lus d&#8217;Henry James ainsi que de &#8221;Chez les Heureux du monde&#8221; \u00e9taient assez am\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce roman \u00e9tait inachev\u00e9 \u00e0 la mort de l&#8217;auteure et a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 par Marion Mainwaring. Cette derni\u00e8re \u00e9tait traductrice, \u00e9crivain et critique litt\u00e9raire. Elle a aussi particip\u00e9 aux recherches sur la biographie d&#8217;Edith Wharton et a elle-m\u00eame publi\u00e9 la biographie de William Morton Fullerton, l&#8217;amant d&#8217;Edith Wharton. Cependant, bien qu&#8217;elle soit cal\u00e9e sur la biographie de l&#8217;auteure, je me demande comment elle a choisi la fin. L&#8217;auteure avait-elle des carnets avec les grandes lignes de ses textes ? Avait-elle mentionn\u00e9 dans des lettres la fin pr\u00e9vue ? Mais il faut admettre que le passage entre le texte initial et inachev\u00e9 et la fin imagin\u00e9e et r\u00e9dig\u00e9e par Mainwaring ne transpara\u00eet pas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 \u00e9diteur : &#8221; Elles incarnaient &#8220;la jeune fille am\u00e9ricaine&#8221;, ce que le monde avait r\u00e9ussi de plus parfait &#8221; : pour Mrs St. George, ces cinq jeunes filles fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9es \u00e0&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":988,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-987","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-autres-fictions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/987","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=987"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/987\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":989,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/987\/revisions\/989"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=987"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=987"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=987"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}