{"id":64,"date":"2014-09-01T16:54:00","date_gmt":"2014-09-01T14:54:00","guid":{"rendered":"http:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/?p=64"},"modified":"2023-01-07T16:58:37","modified_gmt":"2023-01-07T15:58:37","slug":"le-mystere-sherlock-de-jm-erre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/2014\/09\/01\/le-mystere-sherlock-de-jm-erre\/","title":{"rendered":"Le Myst\u00e8re Sherlock de JM Erre"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9sum\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>Meiringen, Suisse. Les pompiers d\u00e9gagent l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel Baker Street, coup\u00e9 du monde pendant trois jours \u00e0 cause d&#8217;une avalanche, et d\u00e9couvrent un v\u00e9ritable tombeau. Align\u00e9s dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires qui participaient \u00e0 un colloque sur Sherlock Holmes. Le meilleur d&#8217;entre eux devait \u00eatre nomm\u00e9 titulaire de la toute premi\u00e8re chaire d&#8217;holm\u00e9sologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait pr\u00eat \u00e0 tuer\u2026<br>Hommage \u00e0 Sherlock Holmes et \u00e0 Agatha Christie, rebondissements, suspense et humour (anglais) : \u00ab \u00c9l\u00e9mentaire, mon cher Watson ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Critique :<\/p>\n\n\n\n<p>Difficile de savoir pour o\u00f9 commencer tellement il y a de choses \u00e0 dire. Pour une fois, je vais commencer par une citation, histoire de donner le ton.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Durieux est le genre d&#8217;homme \u00e0 sacrifier sa famille pour son travail. Mais heureusement pour sa famille, Durieux n&#8217;en a pas. Il a bien not\u00e9 plusieurs fois sur la liste des courses de penser \u00e0 se marier et \u00e0 avoir des enfants, mais le pr\u00e9alable consistant \u00e0 convaincre un \u00eatre vivant de sexe f\u00e9minin d&#8217;entretenir avec lui des relations g\u00e9nitales lui a toujours paru relever d&#8217;un non-sens m\u00e9taphysique. Ce n&#8217;est pas que les femmes lui d\u00e9plaisent, loin de l\u00e0. A l&#8217;instar de Sherlock Holmes, il leur accorde m\u00eame une fonction d\u00e9corative bien sup\u00e9rieure \u00e0 celle des poissons exotiques qui surnagent en eaux troubles dans son salon. Non, l&#8217;explication est simple : le professeur Durieux a autre chose \u00e0 faire qu&#8217;\u00e0 perdre son temps \u00e0 satisfaire les bas instincts h\u00e9rit\u00e9s de nos lointains anc\u00eatres simiesques. [\u2026] C&#8217;est en tout cas ce que le professeur Durieux proclame devant tous ses amis. Mais heureusement pour ses amis, Durieux n&#8217;en a pas.&#8221; (p 80-81).<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman d\u00e9bute par l&#8217;arriv\u00e9e du propri\u00e9taire de l&#8217;h\u00f4tel Baker Street, aid\u00e9 de Pos\u00e9idon (un pompier assez obtus pour le moins) sur les lieux. Ils d\u00e9couvrent les corps des universitaires dans la chambre froide et le commissaire Lestrade, appel\u00e9 \u00e0 la rescousse, se plonge dans les papiers laiss\u00e9s par les diff\u00e9rentes victimes. Ainsi, la narration change r\u00e9guli\u00e8rement de point de vue, entre les notes prises par Audrey, journaliste sous couverture, et les lettres de Dolor\u00e8s (l&#8217;une des universitaires pr\u00e9sentes) adress\u00e9es \u00e0 son confesseur \u2026 Bref points du vue vari\u00e9s, qui se compl\u00e8tent bien et fragmentent le r\u00e9cit afin de mieux perdre le lecteur\u2026 Heureusement pour nous, Lestrade r\u00e9soudra l&#8217;affaire avec brio (ou pas) (mais je vous laisse lire le roman pour vous faire une id\u00e9e du d\u00e9nouement).<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est agr\u00e9able dans ce roman : son humour irr\u00e9v\u00e9rencieux, ses personnages typ\u00e9s et ses connaissances sur Sherlock Holmes. Ce roman est aussi bien une enqu\u00eate loufoque (bas\u00e9 sur le sch\u00e9ma st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 du huis clos) qu&#8217;une \u00e9tude assez approfondie du personnage de Sherlock Holmes et de la litt\u00e9rature qui d\u00e9coule de ce mythe. D&#8217;ailleurs le roman se cl\u00f4t sur une bibliographie rassemblant aussi bien les textes d&#8217;origine, que des sources plus s\u00e9rieuses et d&#8217;autres qui le sont beaucoup moins (moins s\u00e9rieux mais pas sans int\u00e9r\u00eat ^^).<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, un roman intelligent, irr\u00e9v\u00e9rencieux et \u00e9rudit. Un d\u00e9lice. Et pour la forme, je vous offre une autre petite citation (parce que j&#8217;adore le style de cet auteur et que je compte bien essayer de mettre la main sur les autres romans de ce dernier).<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Ainsi, mon p\u00e8re, Rodriguez gisait au pied de l&#8217;escalier. Il gisait m\u00eame comme peu de gens savent g\u00e9sir. Par un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange, lui qui avait toujours \u00e9t\u00e9 difforme avait retrouv\u00e9 une certaine harmonie dans la dislocation, comme un Meccano mal mont\u00e9 \u00e0 cause d&#8217;un mode d&#8217;emploi en chinois dont la chute aurait r\u00e9organis\u00e9 l&#8217;assemblage des pi\u00e8ces&#8221; (p 92).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 : Meiringen, Suisse. Les pompiers d\u00e9gagent l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel Baker Street, coup\u00e9 du monde pendant trois jours \u00e0 cause d&#8217;une avalanche, et d\u00e9couvrent un v\u00e9ritable tombeau. 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