{"id":580,"date":"2023-01-17T17:11:57","date_gmt":"2023-01-17T16:11:57","guid":{"rendered":"http:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/?p=580"},"modified":"2023-01-17T17:11:58","modified_gmt":"2023-01-17T16:11:58","slug":"wastburg-de-cedric-ferrand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/2023\/01\/17\/wastburg-de-cedric-ferrand\/","title":{"rendered":"Wastburg de C\u00e9dric Ferrand"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pr\u00e9sentation \u00e9diteur :<br>Wastburg, une cit\u00e9 accul\u00e9e entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coinc\u00e9 entre deux chicots douteux. Une gloire fan\u00e9e qui attend un retour de printemps qui ne viendra jamais. Dans ses rues crapoteuses, les membres de la Garde battent le pav\u00e9. Simple gardoche en train de coincer la bulle, pr\u00e9v\u00f4t faisant la tourn\u00e9e des grands ducs \u00e0 l\u2019\u0153il ou bien \u00e9chevin embourb\u00e9 dans les politicailleries, la loi leur colle aux doigts comme une confiture tenace. La Garde finit toujours par mettre le groin dans tous les coups foireux de la cit\u00e9. Et justement, quelqu&#8217;un \u00e0 Wastburg est en train de tricoter un joli tracassin taill\u00e9 sur mesure. Et toute la ville attend en se demandant au nez de qui \u00e7a va p\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Critique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici un roman de fantasy dont je n&#8217;avais jamais entendu parler et pourtant qui m\u00e9rite qu&#8217;on s&#8217;arr\u00eate dessus, et ce pour plusieurs raisons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout d&#8217;abord, ce roman offre toutes une galerie de personnages, plus ou moins sympathiques et avec des profils assez vari\u00e9s : des marchands, des mercenaires, des gardes, des petits mendiants qui rendent des services \u00e0 la garde officielle en \u00e9change de petits services\u2026 Chaque chapitre se concentre sur un personnage (ou deux), qu&#8217;on recroise plus tard (ou pas), dont on entend reparler. Ce n&#8217;est pas vraiment un roman construit traditionnellement mais ce n&#8217;est pas non plus un recueil de nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En fait, le roman porte bien son nom car au final le h\u00e9ros principal c&#8217;est Wastburg, la ville en elle-m\u00eame : ville sale, o\u00f9 les habitants se m\u00e9prisent selon leur appartenance sociale (ou leur patrie d&#8217;origine car Wastburg est une ville-\u00e9tat entre deux pays qui se d\u00e9testent), ville sto\u00efque (quand on voit la r\u00e9signation de ces habitants face aux calamit\u00e9s), ville criminelle et ville corrompue. A la t\u00eate de Wastburg, le burgmaester, un homme puissant et un peu myst\u00e9rieux. La Tour des Mages marque la physionomie de la ville mais elle semble bien inutile vu que la magie a foutu le camp. En fait, plus je tente de d\u00e9crire Wastburg, plus je me dis que c&#8217;est Ankh-Morpork, mais sans le c\u00f4t\u00e9 bonhomme de certains habitants en moins. Il faut aussi prendre en compte le fait que Wastburg est un roman qui est li\u00e9 \u00e0 un jeu de r\u00f4le, et je trouve que le roman, en plus d&#8217;\u00eatre une lecture agr\u00e9able en elle-m\u00eame, permet de bien poser les bases d&#8217;un univers dans le but d&#8217;y jouer par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un autre trait m&#8217;a beaucoup plu dans Wastburg : l&#8217;\u00e9criture, le style de l&#8217;auteur qui n&#8217;est pas sans me rappeler San Antonio. Petit extrait :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00e9galement, un mort devait \u00eatre examin\u00e9 par un pr\u00e9v\u00f4t avant d\u2019\u00eatre rendu \u00e0 ses proches ou de servir d\u2019exercice pratique \u00e0 des cancres friqu\u00e9s. Si un pr\u00e9v\u00f4t \u00e9tait pr\u00e9sent directement sur les lieux o\u00f9 \u00e9tait retrouv\u00e9e la d\u00e9pouille, il pouvait la regarder sur place et donner son accord sur le coup : \u00e7a \u00e9vitait de la d\u00e9placer \u00e0 la morgue pour rien. C\u2019\u00e9tait Honz qui s\u2019occupait de charrier les corps. Il avait une petite charrette \u00e0 bras qu\u2019il poussait au besoin dans les rues de son district. Quand il n\u2019y avait pas de macchab\u00e9e \u00e0 transbahuter, il louait ses bras et son brancard \u00e0 roue au plus offrant. (p. 90)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bref, une lecture qui m&#8217;a beaucoup plu : pour ses personnages, non pas attachants mais int\u00e9ressants (il y a quand m\u00eame des types peu recommandables parmi eux), une ville-personnage (bien construite, sombre \u00e0 souhait) et un style propre \u00e0 l&#8217;auteur (et assez rare en fantasy, surtout fran\u00e7aise, je trouve)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation \u00e9diteur :Wastburg, une cit\u00e9 accul\u00e9e entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coinc\u00e9 entre deux chicots douteux. 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