{"id":542,"date":"2023-01-17T16:50:07","date_gmt":"2023-01-17T15:50:07","guid":{"rendered":"http:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/?p=542"},"modified":"2023-01-17T16:50:10","modified_gmt":"2023-01-17T15:50:10","slug":"or-not-to-be-de-fabrice-colin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/2023\/01\/17\/or-not-to-be-de-fabrice-colin\/","title":{"rendered":"Or not to be de Fabrice Colin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Mes r\u00eaves \u00e9taient toujours l\u00e0. D&#8217;une pr\u00e9cision absolue. C&#8217;\u00e9taient ces r\u00eaves qui me maintenaient en vie, je le sais maintenant. Sans Shakespeare, mon existence n&#8217;aurait eu aucun sens. Je n&#8217;\u00e9tais n\u00e9 que pour le faire revivre.&#8221; 1923. A la mort de sa m\u00e8re, Vitus Amleth de Saint-Ange quitte l&#8217;institution d&#8217;Elisnear Manor o\u00f9 il s\u00e9journe, amn\u00e9sique, depuis sept ans. Il part \u00e0 la reconqu\u00eate de son pass\u00e9. Son chemin \u00e0 rebours le conduit de Londres au nord de l&#8217;Angleterre, jusqu&#8217;au village de Fayrwood qui n&#8217;appara\u00eet sur aucune carte\u2026 Comme Vitus de Saint-Ange, Or not to be brasse l&#8217;imaginaire et la r\u00e9alit\u00e9 dans une empoignade f\u00e9roce et subtile. L&#8217;all\u00e9gorie prend chair et le Grand Pan, dieu des bergers d&#8217;Arcadie, dieu de la f\u00e9condit\u00e9, arpente la for\u00eat de Fayrwood. Qui d&#8217;autre a r\u00e9ponse au myst\u00e8re qui hante le personnage comme le roman : celui de la cr\u00e9ation quand elle incarne au plus juste la vie elle-m\u00eame ? Comment William Shakespeare est-il devenu l&#8217;\u00e9gal des dieux ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Critique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le roman s&#8217;ouvre sur les pens\u00e9es du Docteur Thomas Jenkins, psychiatre vivant d\u00e9sormais aux Etats Unis mais qui a exerc\u00e9 en Angleterre dans un \u00e9tablissement cossu. Il revient sur un cas qu&#8217;il a eu l&#8217;occasion d&#8217;y rencontrer : Vitus Amleth de Saint Ange, un patient bien \u00e9trange. Vitus est amn\u00e9sique, il ne se souvient que de ses sept premi\u00e8res ann\u00e9es, pendant lesquelles il vivait \u00e0 Londres avec sa m\u00e8re. Il est obs\u00e9d\u00e9 la nuit par un lieu myst\u00e9rieux, Fayrwood. Il d\u00e9cide un jour de quitter l&#8217;institution o\u00f9 il s\u00e9journe pour partir \u00e0 la recherche de son pass\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;\u00e9criture est tr\u00e8s fluide. J&#8217;appr\u00e9cie le c\u00f4t\u00e9 un peu patchwork du roman qui passe d&#8217;un type d&#8217;\u00e9crit \u00e0 un autre : des r\u00e9cits assez traditionnels racont\u00e9s \u00e0 la premi\u00e8re personne, un journal intime, une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u2026 Non seulement il a une grande diversit\u00e9 de formes mais il emprunte aussi des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 diff\u00e9rents genres (les th\u00e8mes de la folie et du double au fantastique, le mythe du Grand Pan \u00e0 la mythologie gr\u00e9co-romaine, les citations shakespeariens au th\u00e9\u00e2tre \u00e9lisab\u00e9thain et m\u00eame des r\u00e9flexions sur le cin\u00e9ma d&#8217;Hitchcock)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&#8217;avais d\u00e9j\u00e0 lu des romans par cet auteur et je trouve ce roman beaucoup plus int\u00e9ressant. Les autres ne sont pas mauvais mais ne sont pas aussi riches que celui-ci. On a ici un v\u00e9ritable r\u00e9cit fantastique, o\u00f9 le lecteur devra faire la part entre le r\u00e9el et le fantasm\u00e9. L&#8217;auteur nous laisse sur notre faim et nous invite \u00e0 d\u00e9cider par nous-m\u00eames du poids que l&#8217;on peut accorder \u00e0 ce r\u00e9cit. Vitus est obs\u00e9d\u00e9 par William Shakespeare, il ne lit quasiment que cela depuis ses 7 ans, \u00e2ge o\u00f9 il a d\u00e9couvert cet auteur. Son obsession finit par inqui\u00e9ter sa m\u00e8re, tout en la fascinant en m\u00eame temps. Le texte est particuli\u00e8rement riche en citations et en r\u00e9f\u00e9rences, \u00e0 commencer par les noms du h\u00e9ros (Amleth \/ Hamlet) et de l&#8217;institution (Elisnear \/ Elseneur). Contrairement \u00e0 d&#8217;autres romans (je pense ici \u00e0 la s\u00e9rie des sorci\u00e8res chez Pratchett et notamment les Trois Soeurci\u00e8res), il ne s&#8217;agit pas ici de parodier le barde mais de proposer une nouvelle lecture de son \u0153uvre. Autant j&#8217;appr\u00e9cie la richesse du roman, autant je suis plus mitig\u00e9e quant aux conclusions tir\u00e9es par le h\u00e9ros. Mais cela importe peu puisque c&#8217;est \u00e0 chacun de faire la part des choses entre le vrai et le faux du r\u00e9cit du h\u00e9ros\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Mes r\u00eaves \u00e9taient toujours l\u00e0. D&#8217;une pr\u00e9cision absolue. C&#8217;\u00e9taient ces r\u00eaves qui me maintenaient en vie, je le sais maintenant. Sans Shakespeare, mon existence n&#8217;aurait eu aucun sens. 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