{"id":47,"date":"2014-08-28T20:22:00","date_gmt":"2014-08-28T18:22:00","guid":{"rendered":"http:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/?p=47"},"modified":"2023-01-05T15:30:01","modified_gmt":"2023-01-05T14:30:01","slug":"la-horde-du-contrevent-dalain-damasio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/2014\/08\/28\/la-horde-du-contrevent-dalain-damasio\/","title":{"rendered":"La Horde du Contrevent d&#8217;Alain Damasio"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Laur\u00e9at du Grand Prix de l&#8217;Imaginaire en 2006, ce roman est assez atypique, aussi bien dans sa conception, dans sa r\u00e9alisation et aussi dans son intrigue. Roman atypique pour un auteur touche \u00e0 tout, un fran\u00e7ais, lyonnais pr\u00e9cis\u00e9ment (et forc\u00e9ment un mec bien dirait ma moiti\u00e9 vu que lui aussi est de Lyon), qui produit aussi bien des bouquins de litt\u00e9ratures de l&#8217;imaginaire, des essais politiques ou participe \u00e0 des projets musicaux ou vid\u00e9o-ludiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quatri\u00e8me de couverture : Un groupe d&#8217;\u00e9lite, form\u00e9 d\u00e8s l&#8217;enfance \u00e0 faire face, part des confins d&#8217;une terre f\u00e9roce, saign\u00e9e de rafales, pour aller chercher l&#8217;origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un n\u0153ud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, a\u00e9roma\u00eetre et g\u00e9oma\u00eetre, feuleuse et sourci\u00e8re, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, \u00e0 pied, en qu\u00eate d&#8217;un Extr\u00eame-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou. Exp\u00e9rience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d&#8217;un m\u00eame feu l&#8217;aventure et la po\u00e9sie des parcours, le combat nu et la qu\u00eate d&#8217;un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot r\u00e9sonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d&#8217;un pinceau, d&#8217;une cam\u00e9ra ou d&#8217;une arme\u2026 Chef-d&#8217;\u0153uvre port\u00e9 par un bouche-\u00e0-oreille rare, le roman a \u00e9t\u00e9 logiquement r\u00e9compens\u00e9 par le Grand Prix de l&#8217;Imaginaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Critique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De prime abord, ce roman impressionne (700 pages et une \u00e9criture assez dense). Il d\u00e9boussole aussi : num\u00e9rot\u00e9 dans le sens inverse (on commence \u00e0 700 pour finir \u00e0 0), il alterne les points de vue des vingt trois personnages, signalant qui est le narrateur par un petit symbole. A chaque personnage, est associ\u00e9 un symbole et, dans mon \u00e9dition, il y a un marque-page r\u00e9capitulant tous les symboles (pour \u00e9viter d&#8217;avoir \u00e0 revenir \u00e0 la page en d\u00e9but de tome). Il est aussi d\u00e9concertant car d\u00e8s le d\u00e9part il nous plonge dans les notions propres \u00e0 ce monde (le vent et ses neuf formes, la Trace, le vif) et on obtient parfois des explications assez tard dans le roman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;intrigue est int\u00e9ressante. Ce groupe d&#8217;\u00e9lite, dont chaque membre est entra\u00een\u00e9 d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge pour assurer cette t\u00e2che, lutte pour parvenir \u00e0 l&#8217;Extr\u00eame-Amont, la source de ce vent qui balaie ce monde. On s&#8217;attache \u00e0 certains personnages : Le Prince et Sov, Oroshi aussi alors que d&#8217;autres restent assez antipathiques, notamment Golgoth, le Traceur, qui me semble but\u00e9 et insensible, revanchard et parfois cruel. J&#8217;avais bien aim\u00e9 Caracole le troubadour, qui n&#8217;est pas sans rappeler le fou chez Robin Hobb : flamboyant, visionnaire, impr\u00e9visible et ambigu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce que je retiendrai surtout de cette lecture, c&#8217;est son \u00e9criture. Chaque personnage-narrateur a son style bien particulier : \u00e9crit d&#8217;un style assez \u00e9lev\u00e9 (Sov le scribe), jouant sur les mots (comme le troubadour Caracole) ou cru (comme parle Golgoth). D&#8217;autres se feront plus discrets, se feront rarement narrateurs et on les percevra surtout \u00e0 travers le regard des autres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques citations :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La monotonie n&#8217;existe pas. Elle n&#8217;est qu&#8217;un sympt\u00f4me de la fatigue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&#8217;une certaine fa\u00e7on,\u00eatre vivant ne s&#8217;atteint que par ce triple combat : contre les forces de gravit\u00e9 en nous &#8211; la paresse, la fatigue, la qu\u00eate du repos ; contre l&#8217;instinct de r\u00e9p\u00e9tition &#8211; le d\u00e9j\u00e0-fait, le connu, le s\u00e9curisant ; et enfin contre les s\u00e9ductions du continu &#8211; tous les d\u00e9veloppements durables, le r\u00e9formisme ou ce go\u00fbt tr\u00e8s fr\u00e9ole de la variation plaisante, du pianotement des \u00e9carts autour d&#8217;une m\u00e9lodie amusante. (533)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9finitive, j&#8217;ai aim\u00e9 ce roman, certaines de ses caract\u00e9ristiques mais, contrairement \u00e0 Elbakin, je ne mettrais pas un 10 \/ 10 \u00e0 ce roman. J&#8217;ai trouv\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait parfois trop difficile \u00e0 suivre, je me suis parfois ennuy\u00e9e quand les narrateurs \u00e9changeaient leurs th\u00e9ories sur les diff\u00e9rentes formes du vent, ce qui n&#8217;\u00e9tait pas sans rappeler les &#8220;d\u00e9lires technologiques&#8221; de certains romans d&#8217;hard SF, et globalement la fin m&#8217;a un peu d\u00e9\u00e7ue. A lire pour son \u00e9criture, son c\u00f4t\u00e9 d\u00e9boussolant, ses personnages\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Laur\u00e9at du Grand Prix de l&#8217;Imaginaire en 2006, ce roman est assez atypique, aussi bien dans sa conception, dans sa r\u00e9alisation et aussi dans son intrigue. 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