{"id":1019,"date":"2023-01-29T19:00:55","date_gmt":"2023-01-29T18:00:55","guid":{"rendered":"http:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/?p=1019"},"modified":"2023-01-29T19:00:57","modified_gmt":"2023-01-29T18:00:57","slug":"les-meurtres-de-la-tamise-de-p-d-james","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/feuilletsdeuphemia.fr\/index.php\/2023\/01\/29\/les-meurtres-de-la-tamise-de-p-d-james\/","title":{"rendered":"Les meurtres de la Tamise de P.D. James"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9sum\u00e9 \u00e9diteur :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"1811\">\n<li>Dans les brouillards de l&#8217;est londonien, deux s\u00e9ries de meurtres sont perp\u00e9tr\u00e9es \u00e0 douze jours d&#8217;intervalle, avec une sauvagerie telle que l&#8217;opinion publique s&#8217;\u00e9meut et que le gouvernement finit par promettre, \u00e0 quiconque aiderait \u00e0 trouver les coupables, la plus fabuleuse r\u00e9compense jamais offerte\u2026 La romanci\u00e8re d&#8221;&#8217;Un certain go\u00fbt pour la mort&#8221; laur\u00e9ate des plus prestigieuses r\u00e9compenses dans le domaine du roman policier, offre ici \u00e0 ses lecteurs une surprise originale. Cette affaire criminelle a bel et bien eu lieu, elle fit couler des rivi\u00e8res d&#8217;encre et ne fut d\u00e9tr\u00f4n\u00e9e &#8211; si l&#8217;on ose dire &#8211; que par les exploits de Jack l&#8217;Eventreur. Second\u00e9e par un historien, P.D. James brosse un extraordinaire tableau du Londres de Dickens et des m\u00e9thodes polici\u00e8res dans l&#8217;Angleterre de l&#8217;\u00e9poque. Mieux : reprenant le d\u00e9tail de l&#8217;enqu\u00eate, elle innocente le coupable d\u00e9sign\u00e9 et, un si\u00e8cle et demi plus tard, d\u00e9voile la v\u00e9rit\u00e9, preuves \u00e0 l&#8217;appui\u2026 Un tour de force !<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Critique :<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&#8217;est pas rare d&#8217;avoir des essais d&#8217;auteurs de romans policiers sur des affaires qui ont eu lieu dans le pass\u00e9. Je pense notamment \u00e0 tous les ouvrages sur Jack L&#8217;Eventreur. Cet essai se distingue car il se penche sur une affaire moins connue mais tout aussi passionnante : les sept (ou huit?) meurtres qui marqu\u00e8rent le mois de d\u00e9cembre 1811.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;auteure retrace la chronologie des faits : les quatre premiers meurtres d&#8217;une famille d&#8217;un drapier puis les trois autres meurtres dans une taverne et enfin l&#8217;arrestation d&#8217;un coupable, derni\u00e8re victime de ce que l&#8217;auteure consid\u00e8re comme une erreur judiciaire. L&#8217;auteure donne de nombreux d\u00e9tails mais ne sombre pas dans le sanglant, et pourtant la violence des meurtres s&#8217;y pr\u00eate. P.D. James a \u00e9t\u00e9 second\u00e9e par un historien (m\u00eame si son nom n&#8217;est pas pr\u00e9sent sur la couverture de certaines \u00e9ditions), T.A. Crichtley dont la sp\u00e9cialit\u00e9 \u00e9tait l&#8217;histoire de la police en Angleterre et au Pays de Galles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les faits semblent bien document\u00e9s. L&#8217;auteure fournit une liste de sources consult\u00e9s et utiles pour approfondir son r\u00e9cit. Quant \u00e0 l&#8217;innocence du coupable, je ne sais pas si je suis convaincue. M\u00eame s&#8217;il \u00e9tait bien coupable, ce que P.D. James remet en question, les meurtres \u00e9taient les faits de plusieurs hommes. Elle propose des pistes qui auraient du \u00eatre approfondies, notamment en se concentrant sur un suspect mais clairement il est difficile d&#8217;\u00eatre s\u00fbr de sa th\u00e9orie deux si\u00e8cles plus tard, sans preuves formelles. Elle partage plus des doutes que des certitudes \u00e0 mes yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai beaucoup aim\u00e9 la pr\u00e9cision du tableau de Londres que P.D. James d\u00e9peint : le type de quartier, l&#8217;\u00e9volution en terme de population, les habitudes de ses habitants\u2026 Ce que j&#8217;ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9, c&#8217;est le portrait de la police de Londres en 1811. L&#8217;auteure explique le fonctionnement des diff\u00e9rentes organisations amen\u00e9es \u00e0 r\u00e9guler les activit\u00e9s humaines, organisations dont les juridictions se superposent parfois d&#8217;o\u00f9 une dispersion des indices et un manque flagrant de communication entre les diff\u00e9rents acteurs concern\u00e9s. P.D. James s&#8217;attarde surtout sur le guet de nuit : des veilleurs, souvent \u00e2g\u00e9s, qui patrouillent \u00e0 intervalle r\u00e9gulier en ville pour crier l&#8217;heure et qui, entre deux patrouilles, retournent attendre le prochain passage en se r\u00e9chauffant souvent \u00e0 coup d&#8217;alcool, des veilleurs trop amoch\u00e9s pour \u00eatre r\u00e9ellement efficaces en cas d&#8217;agression ou d&#8217;incident. Quand j&#8217;ai commenc\u00e9 les romans de Terry Pratchett sur le guet, je pensais que sa description du guet de nuit venait de son imagination. Je ne pensais pas que c&#8217;\u00e9tait li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la police \u00e0 un moment du pass\u00e9 de Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que je ne sois pas compl\u00e8tement convaincue par la d\u00e9monstration de P.D. James concernant le coupable de ces meurtres, cet ouvrage offre un instantan\u00e9 int\u00e9ressant et bien document\u00e9 du Londres de 1811 et de l&#8217;\u00e9tat (des limites) de la police \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 \u00e9diteur : Critique : Il n&#8217;est pas rare d&#8217;avoir des essais d&#8217;auteurs de romans policiers sur des affaires qui ont eu lieu dans le pass\u00e9. 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