Imaginez un monde où la traduction était magique. Un monde où en gravant deux mots sur une barre d’argent, la petite différence de traduction, car aucun mot n’a d’équivalent parfait dans une autre langue, devenait un effet magique… C’est sur cette magie que repose la société anglaise du XIXe siècle de Babel et qu’elle a construit sur son empire.
Dans ce roman, on suit Robin, tout d’abord un enfant chinois de Canton, qui assiste impuissant à la mort de sa famille d’une épidémie. Il est recueilli par Lovell, un professeur anglais, qui l’éduque afin qu’il rejoigne Babel, l’école de traduction anglaise. Cependant, très vite, Robin va découvrir qu’il va tout faire pour être accepter par la société anglaise qui ne le voit que comme un sous-homme au service de l’empire…
J’ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman. C’est une lecture très riche, bourrée de renseignements, de notes de bas de pages (je me demande toujours d’ailleurs jusqu’où l’autrice a mêlé fiction et authenticité dans ces notes). Une lecture assez exigeante et dense mais aussi particulièrement stimulante avec un regard sur l’impérialisme fascinant.
Ce roman n’est pas sans m’évoquer ces romans de fantasy qui parlent de révolte, révolution et autre soulèvement populaire comme Ronde de Nuit de Pratchett et la duologie Bohen d’Estelle Faye. J’y ai trouvé le même souffle d’indignation, d’espoir et parfois de résignation. Une lecture que je recommande chaudement et j’ai déjà commandé d’autres ouvrages de R.F. Kuang.